On a la meme passion, mais pas le meme maillot !

C’est la rentrée ! Le temps de ranger vos cahiers à spirales dans votre joli cartable en cuir de vache et de retourner sur les bancs de l’école. Le temps, aussi, de reprendre la raquette, remettre le kimono, rechausser les crampons…

Les clubs de foot pro, eux, n’ont pas attendu que vous vous décidiez à transpirer de nouveau, après un intermède estival fait de cocktails en bord de plage et de doigts de pied en éventail, pour retourner sur les rectangles verts. Et, si les suiveurs se sont majoritairement concentrés sur l’actualité du mercato estival avant sa clôture, le 1er septembre, il est une actualité que supporters et aficionados de marketing sportif n’ont pas raté : la sortie des nouveaux maillots.

Oui, les maillots. Avec leur lot de regards appréciateurs, de moqueries bien senties ou de lamentations face à des prix à trois chiffres pour les tuniques les plus recherchées.

Le troisième maillot, celui des délires les plus fous : 

Il faut dire que les maillots constituent une part importante du merchandising d’un club de football professionnel. Aux tenues domicile et extérieur, se greffe désormais le fameux maillot « third », initialement conçu pour les compétitions européennes.

Un « third » souvent victime des divagations les plus improbables de designers à la créativité… débridée. Car le troisième maillot permet de s’émanciper du code couleur historique du club et de faire parler de soi, parfois en bien… parfois en mal.

Comme le confiait Stuart McArthur, senior designer chez Nike, pour Gentside en 2014 :

« On a besoin d’un troisième maillot souvent en raison des combinaisons de couleurs déjà présentes. Faire un troisième maillot, c’est surtout l’occasion d’innover dans tous les genres. »

Ainsi, pour 2016-2017, le maillot « third » des Girondins de Bordeaux est un maillot aux imprimés de cartes postales figurant les lieux historiques de la ville. On aime ou on n’aime pas, mais cette tunique a d’ores-et-déjà traversé la Manche, puisque le Mirror lui a consacré un article. Avec un avis plutôt tranché, certes, le maillot étant qualifié de « bloody monstrosity »…

Maillot "third" des Girondins de Bordeaux, effet carte postale avec différentes images de la ville

Pour le FC Sion, en Suisse, c’est une tunique camo, reprenant des codes militaires. Un classique déjà tenté par de nombreux clubs, de Bastia à Naples, en passant par le PAOK Salonique ou le FC Porto.

« Le treillis devrait connaître un certain succès de par son aspect trendy », explique Bernard Rudin, responsable chez le distributeur Migros Valais, dans les colonnes du Novelliste. « C’est un bon risque. »

Maillot camouflage pour l'équipe suisse du FC Sion

Un « third » d’écorché vif pour le Deportivo Palencia : 

Mais d’autres sont allés beaucoup plus (trop ?!) loin. Ainsi, le Deportivo Palencia, un club de D3 espagnole, avait commercialisé, en juin 2016, un maillot reprenant un torse tous nerfs apparents.

L’occasion ? Un barrage d’accession pour la division supérieure ; et un message résumant la communication du club : « Donnez votre peau sur le terrain ! » En résulta un buzz énorme, des recherches sur Google au sujet du club multipliées par 50… et un maillot vendu 50€ au lieu de la vingtaine habituelle. 

Maillot-muscles-deportivo-palencia

Évidemment, si le Deportivo Palencia a tenté un pari aussi osé, c’est qu’à l’inverse des gros clubs, il ne peut pas compter sur le nom et l’image de joueurs forts pour vendre des maillots. Des gros clubs qui, eux, ne se permettent pas d’aller si loin, ayant une image et des valeurs à respecter. Cette image, ces valeurs font le reste… et les joueurs, bien sûr.

Les joueurs restent la façon la plus sûre de vendre des maillots : 

Pour Le Novelliste, Nicolas Pillet, secrétaire général du FC Sion, expliquait dernièrement :

« Avec Gennaro Gattuso (NDLR : qui a joué pour le FC Sion en 2012-2013), on a vendu 10 000 maillots floqués uniquement de son nom. […] C’était une année exceptionnelle. »

Pas mal pour un club dont le budget, en 2012, n’était que de 20 millions d’euros et dont les tuniques sont vendues autour de 100 euros. En résumé : choquer, faire parler, d’autant plus quand le sportif ne suffit pas.

Voici un petit condensé d‘initiatives ubuesques, étonnantes et, parfois… réussies.

# Pour le Deportivo Lugo, dont le sponsor est une marque de bière, le maillot ressemble à une pinte !

# En 2005, l’Athletic Bilbao avait proposé un maillot conçu par Dario Urzay, un artiste basque. Le « maillot ketchup » :

# Grave erreur pour le maillot extérieur de la Fiorentina, en 1992-1993, dont le motif, isolé, représentait… une croix gammée :

Maillot extérieur de la Fiorentina en 92-93... mais avec un motif pas du tout adapté et incongru

# Le maillot extérieur de Peterborough United, en 1994-1996 vous laissera… sceptiques :

Maillot extérieur équipe de foot de Peterborough United, pas très beau !

# Pour l’équipe nationale danoise, dernièrement, c’est un maillot tout blanc qui a fait parler de lui. La baseline ? #WeWillRiseAgain. Oui, le Danemark en quête d’une résurrection sportive !

Maillot de la résurrection pour l'équipe danoise de football

# Le CD Guijuelo s’est, lui, offert un maillot très « jamon ibérico », le jambon étant une spécialité locale :

# Le club de foot de Munich 1860 a voulu faire un patchwork de photos retraçant l’histoire du club et de la ville pour ses 150 ans. Illisible, non ? 

Maillot anniversaire du club de Munich 1860, tout simplement raté !

# Et, pour finir en beauté, on vous présente le maillot de l’équipe La Hoya Lorca saison 2013-2014, orné de… brocolis, la spécialité de la région de Nucia où évolue ce club de 3ème division espagnole. À quand le maillot choux de Bruxelles pour Anderlecht ?!

               Maillot avec images de brocolis pour une équipe de foot espagnole  Maillot brocolis de l'équipe La Hoya Lorca

Si vous avez d’autres pépites de ce genre en stock, n’hésitez pas à les partager !