Une nouvelle ère pour le football féminin ?

coupe du monde féminine à lyon

Malgré l’élimination de nos Bleues dès les quarts de finale de la Coupe du Monde féminine de football, on peut d’ores et déjà affirmer que cette compétition aura eu un impact positif sur le foot féminin. Top 4 des raisons qui expliquent ce nouvel engouement !

1. Un emballement médiatique

Jusqu’alors peu en vogue et très peu diffusé, le football féminin a réussi de réelles belles performances durant cette Coupe du Monde en France – « la meilleure de l’histoire », selon Gianni Infantino, président de la FIFA. Lors de la toute première édition, organisée en Chine en 1991, seuls les locaux avaient pu suivre la compétition. 28 ans après, les choses ont bien évolué et la FIFA estime avoir dépassé le milliard de téléspectateurs pendant la compétition.

Des audiences records !

10,71 millions de téléspectateurs en France pour le match le plus attendu de cette Coupe du Monde entre les Bleues et les Etats-Unis ! Un chiffre qui en fait, pour TF1, sa meilleure audience de l’année. Une chose inimaginable il y a de ça quelques années, alors que les audiences du foot féminin n’atteignaient même pas le million. Au Brésil, ce sont 35 millions de personnes qui ont regardé la Selecao face à la France en huitièmes de finale.

coupe du monde de foot féminin

11 millions de fans devant le match d’ouverture France-Corée du Sud, puis 10,3 millions devant le match des Bleues contre la Norvège et 9,6 millions pour France-Nigeria… « Plus de 43 millions de personnes ont regardé le match d’ouverture en Europe, on surfe sur une vague médiatique extraordinaire permettant de mettre en valeur le football féminin », se réjouit Erwan Le Prévost, directeur du Comité d’Organisation.

Fort de ce succès, TF1 a même réajusté ses tarifs publicitaires de ce mondial. Les annonceurs ont déboursé 116 000 euros brut pour les deux derniers matchs de poule, au lieu de 73 000 euros pour le match d’ouverture.

Les records en termes d’audience se multiplient à travers les différents pays :

  • En Italie : 7,303 millions de téléspectateurs pour Italie-Brésil, soit un record d’audience pour un match de football féminin dans le pays.
  • Au Royaume-Uni : Après les trois matches de groupe de l’Angleterre et de l’Écosse, très exactement 50% des téléspectateurs, soit 30,142 millions de personnes, ont regardé au moins une minute d’un match.

Et les montants des droits TV s’envolent !

Alors qu’en 2015, W9 avait payé seulement 850 000 euros pour s’arroger les droits de diffusion, TF1 a investi 10 millions d’euros pour cette édition 2019. « Evidemment, si l’on prend comme référentiel le Mondial des hommes l’an passé, ça peut paraître mineur. Mais pour le Mondial féminin, c’est clairement le signe d’une montée en puissance », explique Nicolas Scelles, économiste du sport à la Manchester Metropolitan University. Montée en puissance qui se traduit donc non seulement par des droits TV très importants, mais également avec des stades bien garnis !

2. Une compétition qui plaît

Cette première Coupe du Monde féminine organisée en France a également brillé par son taux de remplissage dans la plupart des stades : 71,2% sur l’ensemble de la compétition, avec 1 133 311 billets vendus. C’est bien mieux que l’Allemagne en 2011 qui avait attiré 845 711 spectateurs.

Des stades remplis à plus de 70 %

Petite surprise lorsque l’on regarde le classement des stades qui ont été les plus remplis… Si c’est c’est bel et bien le Groupama Stadium qui arrive assez largement en tête avec 90% de remplissage moyen, Valenciennes se classe deuxième avec un taux de remplissage de 82,2%. Juste derrière, sur la troisième marche du podium, le stade des Alpes, à Grenoble, atteint tout de même 78,9%… Des stades à la capacité parfaitement adaptée à l’événement, permettant d’éviter les tribunes vides et les enceintes qui sonnent creux.

Paris, Lyon et Rennes ont d’ailleurs vendu le plus de billets, les deux-tiers achetés par des Français, le reste se partageant entre les Américains (15%), les Britanniques (3%), les Néerlandais (2%) et les Allemands (1,5%).

… Pour une finale au Groupama Stadium !

Lyon a été choisi comme ville hôte des demi-finales et de la finale de cette Coupe du Monde féminine. Pourquoi le Groupama Stadium et pas le Stade de France ? « Une forme de reconnaissance pour le travail de l’Olympique Lyonnais et de Jean-Michel Aulas en faveur du football féminin », explique le Comité d’Organisation de la FIFA. « C’est une terre de foot féminin et nous savions que le public répondrait présent. Il était essentiel pour nous que ces trois matchs soient remplis pour le rayonnement à l’international du football féminin et de l’organisation à la française. » Lyon est bel et bien la terre du foot féminin en France, même si ce dernier se développe de manière exponentielle un peu partout !

3. Le foot féminin se développe petit à petit en France

Au rayon des salaires, les sommes investies par les clubs pas toujours professionnels restent très éloignées des salaires faramineux des joueurs de Ligue 1 masculine. Il faut savoir qu’en France, sur 250 joueuses, seule une petite cinquantaine arrive à vivre du football, avec un salaire mensuel moyen de 2 500 €. Le football féminin n’est pas encore développé comme le souhaiterait les instances et les deux grosses écuries que sont l’OL et le PSG sont un peu l’arbres qui cache la forêt.

« Sur 250 joueuses, seule une petite cinquantaine arrive à vivre du football »

Le football français comble petit à petit son retard avec un pays comme les Etats-Unis où le nombre de licenciées est 10 fois plus important. Avec un nombre de pratiquantes qui est passé de 86 000 à 180 000 en huit ans, le plan de féminisation de la Fédération Française de Football, incitant chaque ville à créer ou développer leur équipe féminin, porte ses fruits.

le foot féminin s'envole en France

Mais un développement qui s’accentue !

L’objectif de la Fédération française est d’atteindre 200 000 licenciées en 2020. Pour y parvenir, le nombre de clubs ayant au moins une équipe féminine a doublé, passant de 3 000 à 6 000 sur les huit dernières années. Au vu de ce succès et de cet engouement pour ce sport, certains sponsors s’intéressent au football féminin et voient en lui un véritable avenir.

4. Le foot féminin voit arriver de nouveaux sponsors

C’est incontestable, les deux locomotives que sont Nike et Adidas voient un potentiel dans le football féminin. En plus de campagnes de pubs inédites, les enseignes enchaînent les partenariats avec des institutions du monde entier, contribuant à leur façon au développement du sport féminin. Nike a lancé en mars une nouvelle gamme spécialement conçue pour les équipes féminines de la Coupe du monde. La marque a, en outre, signé un partenariat de trois ans avec l’UEFA, en soutenant notamment la campagne #Weplaystrong de la fédération européenne. Adidas, de son côté, a annoncé que les athlètes de l’équipe gagnante de la Coupe du monde sponsorisées par la marque recevraient le même bonus que les footballeurs masculins.

Les géants du marché du sport investissent pour la Coupe du Monde… et Arkema arrive en D1 féminine !

Après la Ligue 1 Conforama, la Ligue Uber Eats à partir de 2020 et la Domino’s Ligue 2, c’est donc au tour du Championnat de France féminin de s’associer à un partenaire-titre. Et c’est avec le groupe chimique français Arkema que la D1 féminine à décider de signer pour une durée de trois ans, jusqu’en 2022. Dans le cadre de cet accord, le championnat est rebaptisé D1 Arkema. « Contribuer avec la FFF à développer le football féminin sur le territoire national est une très belle opportunité de valoriser encore davantage l’image et la place des femmes dans la société », précise Thierry Le Hénaff, PDG d’Arkema. « Le monde change, il est essentiel d’apporter un autre regard, de faire bouger les lignes. Chez Arkema, c’est notre état d’esprit et notre conviction. »

Si ce contrat de naming ne s’élèverait qu’à un million d’euros par saison, là encore une somme très éloignées des standards masculins, il marque une nouvelle révolution dans l’univers du foot féminin français. Des matchs de championnat diffusés sur Canal +, une Coupe du Monde qui rassemble des dizaines de millions de téléspectateurs, un contrat de naming pour la D1 féminine… Tous les voyants sont au vert, non ?!